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La magazine La Tribune organisait lundi 7 septembre 2020 une journée de débats dans son tout nouveau studio TV à Paris, afin de donner la parole aux acteurs de la French Tech.
Retrouvez les temps forts de l’intervention d’Aline BSAIBES, directrice générale d’itk qui venait présenter les leviers d’itk pour la transition écologique.

Table-ronde – Comment mettre l’innovation au service de la transition écologique ? – La rentrée de la tech

Intervenants :

  • Aline Bsaibes, Directrice générale d’ITK
  • Benjamin Chkroun, Conseiller général et président de la SEM Energies Posit’if regionale
  • Antoine Jourdain, directeur technique d’Enedis

Animation par Juliette Raynal, journaliste à La Tribune.

 

Aline BSAIBES, pouvez-vous nous expliquer ce que fait itk et ce qu’est l’agri-intelligence ?

Les services d’agri-intelligence d’itk permettent à l’agriculteur de décider quand est-ce qu’il faut planter, quelle variété, quand est-ce qu’il faut l’irriguer, quand est-ce qu’il faut la fertiliser, est-ce qu’on a besoin de la traiter. On prédit aussi les rendements. Et tout cela au service des assurances, des logisticiens, des agriculteurs etc. Itk crée des services au profit de tous les acteurs de la chaîne de valeur agro-alimentaire.

Dans l’élevage itk dispose d’une plateforme de services qui permet au producteur de savoir si sa vache est en chaleur, si elle a des problèmes de santé, de nutrition, etc.

Derrière tous ces services, il y a des docteurs en mathématiques appliquées et intelligence artificielle, et toutes ces équations font « parler » la plante et l’animal, pour anticiper leurs besoins et prévenir les risques.

 

Qu’est-ce qu’elles vous disent concrètement ces plantes ?

A partir de trois éléments, nous pouvons faire « parler la plante ». Il nous suffit de connaître la composition du sol (physique et chimique) ; la variété de la plante ; et la météo, pour que nos modèles mathématiques indiquent, tous les jours, quel est l’état de la plante : est-ce qu’elle arrive à prendre suffisamment d’eau et de minéraux pour sa croissance, par exemple.

Avec les prévisions météo, on arrive à définir dans les semaines à venir si la plante va avoir soif, avoir faim, avoir une attaque de maladie, et ainsi nous permettons à l’agriculteur d’anticiper les actions qu’il doit faire sur sa culture.

 

C’est étonnant, a priori vous n’avez pas besoin de capteurs ?

En effet, vous avez raison de souligner que le service d’aide à la décision d’itk pour les cultures n’a pas besoin de capteurs sur les parcelles agricoles. C’est grâce à la modélisation agronomique et aux données disponibles que ces prédictions de rendement et les recommandations de pratiques optimisées pour l’environnement sont possibles. Si l’agriculteur a des sondes d’humidité dans le sol, ou si on dispose d’images satellites, on peut combiner les données de ces capteurs pour augmenter la précision du service.
La Recherche mondiale est au point là-dessus depuis longtemps et ce qu’itk fait, c’est mettre cette technologie et ces services dans les mains des agriculteurs. C’est notre mission.

Pour l’élevage nos services se servent de capteurs placés sur les colliers des vaches. Dans ce cas ils sont nécessaires.

 

Quel est l’impact sur la durabilité et l’environnement ?

Parcelle par parcelle, notre technologie apporte des solutions sur mesure aux cultures, en fonction de leurs besoins spécifiques, pour utiliser les ressources qui sont strictement nécessaires.
Nos services de traitement des cultures sont commercialisés depuis 2012. On économise sur le terrain jusqu’à 40% de traitements dans la vigne, comparé aux nombreux traitements systématiques sur une saison. On passe d’une logique systématique pour toutes les exploitations, à une logique de précision. Sur la ressource en eau, on fait 20% d’économie lors des irrigations ; et pour la fertilisation on positionne au bon moment la nutrition et les traitements, pour éviter les pertes en efficacité, pour diminuer le lessivage des sols et l’évaporation.

 

Aline BSAIBES, directrice générale d’itk

 

Vous avez un projet ambitieux de séquestration du CO2 dans les sols, pourquoi est-il important pour le développement durable ?

L’agriculture est taxée d’être émettrice et consommatrice de CO2, que ce soit l’élevage ou la production, surtout par la déforestation et les transformations des prairies en parcelles agricoles, le labour, la fertilisation, etc. Ces pratiques favorisent le « destockage » de carbone, l’appauvrissement les sols, qui ne sont pas durables.

Le projet d’itk est de démontrer que l’agriculture peut produire des quantités suffisantes, de maïs par exemple dans le cadre de notre projet au Kenya, tout en adoptant des pratiques qui favorisent le stockage de carbone par les sols. Nos services numériques vont permettre de conseiller à l’agriculteur les actions les plus adaptées pour obtenir un équilibre entre maximisation du rendement et régénération des sols, à travers les apports intelligents de fertilisants ou de travail du sol lui-même. Cette fois-ci nos services font « parler les sols » au bénéfice du développement durable.

 

La perspective est de permettre à l’agriculteur de monétiser ce CO2, expliquez-nous de quoi il s’agit.

Il existe l’initiative du label bas carbone en France, il y a aussi des entreprises privées aux Etats-Unis avec lesquelles itk travaille. Parce qu’avec nos modèles qui font parler la plante, et le sol, on connaît le plus précisément possible la quantité de carbone présente dans le sol. Maintenant, notre solution intéresse des acteurs en France et aux Etats-Unis.  Cette mesure peut être utile pour quantifier le carbone fixé dans le sol, en fonction des pratiques . En France il y a des travaux sur ce sujet, aux Etats-Unis aussi, mais cela ne va pas tarder à sortir sur le marché. Et cela ouvre des perspectives de nouvelles sources de revenus pour l’agriculteur.

 

Vous êtes partie prenante dans un projet d’agri-voltaïsme dynamique, en quoi est-ce innovant ?

Nous sommes partenaire de Sun’Agri, piloté par l’entreprise Sun’R, et co-financé par l’ADEME et les entreprises impliquées. Ce sont des panneaux pivotants, qui sont mis au-dessus des cultures. Ils ne sont pas entièrement couvrant. La plante indique si elle a besoin de lumière ou pas, par le biais de nos algorithmes et notre modélisation de sa croissance. En fonction de l’énergie dont elle a besoin pour croître dans la journée, elle fait piloter la persienne, pour qu’elle fasse de l’ombrage sur les cultures. On réalise ainsi des économies d’eau et on peut favoriser de meilleures qualités de production, pour les arbres fruitiers notamment. En parallèle, SunAgri produit aussi de l’énergie, que les agriculteurs peuvent revendre pour diversifier leurs revenus.  Cette technologie est très avancée, SunAgri a remporté de nombreux appels d’offres et les installations vont commencer.

 

Zoom sur itk

itk était finaliste 2020 du Prix « 10.000 start ups pour changer le monde ».
Au terme de son tour de France de l’innovation, La Tribune et son jury d’experts de l’innovation (BNP Paribas, Enedis, WeHealth Digital Medicine, Bpifrance, Business France) ont désigné les 8 lauréats régionaux dans la catégorie « Environnement & Energie » du prix 10.000 startups pour changer le monde 2020.
Découvrez ITK, finaliste de la catégorie « Environnement et Energie »


Revoir la Table ronde en vidéo

Animation de la table ronde par Juliette Raynal, journaliste à La Tribune

 

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