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Les maladies des cultures et les ravageurs ont toujours été le cauchemar des agriculteurs, en raison de leur impact destructeur sur le rendement et la qualité des récoltes.  La FAO estime que chaque année, entre 20 et 40 % de la production agricole mondiale sont perdus à cause de ravageurs, qui coûtent jusqu’à 300 milliards de dollars à l’économie mondiale.
La solution classique face aux ravageurs et aux maladies est d’utiliser des pesticides, de pratiquer la sélection variétale ou l’augmentation de l’espace inter-rangs  pour prévenir les attaques, améliorer la qualité des récoltes et préserver le rendement.

Des risques de maladie complexes à évaluer

Cependant, les traitements phytosanitaires devraient être soigneusement planifiés en choisissant le meilleur moment pour l’application et la quantité d’intrants à utiliser, afin d’en minimiser les impacts sur l’environnement et la santé humaine, mais aussi pour en réduire les coûts pour l’agriculteur.
Pour ce faire, le risque réel de maladie doit être évalué avec précision, en intégrant différentes informations. Cette intégration peut être illustrée par le triangle de la maladie, un paradigme classique de la pathologie végétale. Ce modèle conceptuel explique la nécessité de la présence simultanée de trois facteurs pour qu’une maladie se  développe réellement : un hôte sensible, un pathogène virulent et un environnement favorable au développement de la maladie.

 

Triangle des maladies des plantes

Source: Hillary Mehl

Alors qu’il peut être relativement facile de déterminer si un agent pathogène est présent dans une zone donnée de la culture, l’évaluation de la sensibilité de la plante et des conditions climatiques favorables au développement de la maladie peuvent être bien plus complexe. Chaque maladie peut attaquer la plante à des périodes de vulnérabilité particulières, qui correspondent souvent à des phases phénologiques types.

Par exemple, la moisissure grise (botrytis cinerea) infecte généralement les tissus végétaux morts. Dans la vigne, il pénètre dans les fleurs sénescentes à la fin de la floraison, mais ne se développe qu’à un stade ultérieur, entre la véraison et la récolte. Le botrytis se développera plus rapidement dans des conditions chaudes et humides, comme de nombreux champignons.

L’oïdium ne peut produire de nouvelles infections sur les parties vertes qu’avant la véraison, en raison de son incapacité à pénétrer le vieux tissu foliaire épaissi. Il pousse également plus vite dans des conditions chaudes et humides, mais est entravé au-dessus de 26-28 degrés et quand l’eau est présente sur la surface des feuilles.

Moisissure grise sur les raisins après véraison

 

La complexité de ces interactions peut rendre difficile l’évaluation du risque réel de maladie et la prise de décisions phytosanitaires rapides et efficaces. Afin d’aider les agriculteurs à relever ce défi et à protéger leurs cultures et à réduire les coûts économiques et environnementaux, ITK a développé différentes solutions basées sur la Recherche actuelle, qui ont complété les outils existants pour l’irrigation et la fertilisation.

Solutions intelligentes ITK pour la gestion des maladies des cultures

Cropwin : protection du soja et du maïs et prévisions de rendement

Cropwin est l’outil de prévision des stress maladie et hydrique d’ITK, qui aide les agriculteurs à prendre les décisions les plus justes en termes de fertilisation et l’irrigation des cultures annuelles. Cet OAD dispose depuis l’été 2020 d’une fonctionnalité pour la prévision du risque de maladies du soja et du maïs et leur impact sur la réduction du rendement. Cette fonctionnalité combine efficacement les prévisions météorologiques à long terme et la phénologie des cultures, pour prédire les premiers symptômes de la tache grise et de la brûlure des feuilles du maïs ainsi que de la tache œil-de-grenouille et de la tache blanche pour le soja.

Dans l’interface de Cropwin, l’indicateur suit un code de couleur (rouge : très probable, orange : probable, vert : peu probable) et prédit un risque jusqu’à 6 semaines à l’avance pour permettre une meilleure anticipation et planification de la protection des végétaux.

Cet indicateur est facile à interpréter et peut être facilement adapté aux conditions locales par ITK. Sa flexibilité et sa modularité permettent de l’adapter à de nouvelles situations et cultures à la demande. Pour les conseillers agricoles en fertilisation, cet outil apporte une vision claire et très tôt dans la saison, des estimations de rendement impactées par le stress biotique.

Vintel : prévision de l’oïdium sur la vigne aux USA

Vintel, l’OAD d’ITK pour la conduite du vignoble, a maintenant intégré un nouvel outil pour prévoir les premiers symptômes de l’oïdium. Le moment de l’apparition de l’oïdium est très important, car il détermine le début des traitements qui sont souvent répétés à intervalles réguliers. Un début trop précoce des traitements implique une plus grande quantité de produits et un budget phytosanitaire plus coûteux alors qu’un début trop tardif pourrait conduire à des impacts plus lourds de la maladie sur le rendement final des cultures. Il est donc important d’estimer avec précision le début des infections primaires.

Pourriture grise sur les raisins après véraison

Pour ce faire, Vintel a intégré l’indicateur Gubler Thomas pour la prévision de l’apparition de l’oïdium. Cet indicateur a été élaboré par l’université UC Davis et il a été établi comme référence pour les producteurs de l’ouest des États-Unis. Sa popularité et son utilisation généralisée prouvent sa pertinence pour la planification phytosanitaire.
Cette prévision automatique de l’oïdium peut être couplée avec une station météorologique locale ou/et une grille de données météorologiques régionales, qui fournissent des prévisions spécifiques à la parcelle. La prévision d’oïdium est associé aux recommandations fournies par le calendrier de pulvérisation, pour 4 groupes de fongicides.
L’intégration des risques de maladie, couplée à la phénologie des cultures et les prévisions météorologiques, permet une vision globale du vignoble et une gestion plus efficace et durable des cultures.

 

BanApp : banane sous haute surveillance

Ban’App (*) est un système d’aide à la décision pour la gestion phytosanitaire de la cercosporiose noire (maladie des raies noires) du bananier. Cette maladie est une grave préoccupation pour les producteurs de bananes du monde entier, car elle diminue le rendement et raccourcit la « vie verte » post-récolte des bananes, ce qui rend l’exportation de bananes difficile.

ITK a collaboré avec l’institution de recherche français le CIRAD pour mettre en œuvre l’indicateur CIRAD pour BLS, pour décider de l’application d’intrants, déjà utilisé par les producteurs et les agronomes en Afrique et en Amérique centrale du Sud. L’indicateur exprimant le stress de la maladie avec un score est associé avec d’autres informations, telles que la date du dernier traitement pour revenir à un niveau de risque global (élevé, modéré, faible).
Cet indicateur, basé sur l’observation des symptômes, nécessite une surveillance fréquente des bananiers par les agriculteurs.

ITK a produit une application web (et mobile ?) conviviale qui rend la surveillance facile et le calcul des indicateurs immédiats et visuellement explicites, à travers des tracés dynamiques. Le calendrier et le type d’application du produit sont également affichés, ce qui permet une vue générale de l’état phytosanitaire de la parcelle.

R&D agronomy and modelling